jeudi 12 janvier 2012

L'Intégrale Images en marge


Chroniques publiées sur Vogue.fr entre septembre et décembre 2011





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Images en marge
http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/les-belles-images-de-la-rentree/5836/image/409258

Sept images pour une rentrée culturelle différente. Par Jérémie Grandsenne






Frédéric Poincelet,
L'État sauvage, Galerie Catherine Putman Paris


Les merveilleux dessins de Frédéric Poincelet, qu’on a trop rarement la chance de voir seuls dans le silence et l’écoute que rend possibles le contexte d’une exposition personnelle, seront enfin visibles dans toute la nudité qu’ils montrent et dans laquelle ils se dévoilent, ce double « état sauvage » où on les retrouvera avec délice à la galerie Catherine Putman.

Frédéric Poincelet, L’État sauvage à la Galerie Catherine Putman - Exposition du 17 septembre au 10 novembre.
Vernissage le 16 septembre 2011.
Crédit
: Sans titre, 2011, Stylo à bille et correcteur sur papier, 50 x 65 cm, courtesy galerie Catherine Putman


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abc art berlin contemporary


Fidèle
à son rôle capital dans la peinture contemporaine, l’Allemagne inscrivait cette année sa foire abc art berlin contemporary sous le signe About painting : peintures et travaux autour d’elle par Marlène Dumas, Amelie von Wulffen ou Julia Schmidt.


abc art berlin contemporary - Du 7 au 11 septembre 2011. www.artberlincontemporary.com
Crédit
: Michael Fullerton, The Bitch Messed With His Head, 2010 - Courtesy of Carl Freedman Gallery


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September 11, MoMA PS1 New York


Partant
du postulat que les attentats du 11 septembre 2001 avaient subi à la fois une surreprésentation dans la culture visuelle générale, et une sous-représentation dans le discours de la culture et notamment de l’art contemporain, le MoMA PS1 de New York réunit des œuvres, majoritairement antérieures à cette date, de Thomas Demand, Jeremy Deller, Harun Farocki, Alex Katz, Yoko Ono & John Lennon et une quarantaine d’autres artistes autour du titre September 11, pour explorer la persistance et les conséquences de ce moment de l’Histoire dans notre perception du monde.


September 11, MoMA PS1 - Du 11 septembre 2011 au 9 janvier 2012.
Crédit
: William Eggleston, Untitled (Glass in Airplane), from The Los Alamos Portfolio, 1965-74, Dye-transfer print - Collection Jonathan Sobel and Marcia Dunn, New York - Eggleston Artistic Trust ; courtesy Cheim & Read, New York.


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Enluminures du Moyen-Âge et de la Renaissance, Musée du Louvre Paris


Jusqu’au
10 octobre, le Musée du Louvre donne à voir des pièces majeures de son fonds d’enluminures, merveilles miniatures ou plus grand format de peinture à même la page qui ont décoré pendant des siècles, avant mais aussi après l’imprimerie, les livres manuscrits.


Enluminures du Moyen-Âge et de la Renaissance au Musée du Louvre - Jusqu'au 10 octobre 2011.
www.louvre.fr
Crédit
: Jean Fouquet, Le passage du Rubicon (détail), Département des Arts Graphiques, Musée du Louvre


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Kon Tiki Gemini, Azure Maze


Statues grecques et planète tordue, deux objets du lointain qui se croisent dans un ciel renversé : la musique qui se cache dessous est un mélange sensible de bruits familiers, de fragments de guitares et de chœurs incertains, publié par Grant et Rachel Evans sur leur label Hooker Vision.

Kon Tiki Gemini, Azure Maze (Hooker Vision)


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Werner Herzog, La Grotte des rêves perdus


L’auteur d’Aguirre dresse un pont de cinéma entre notre père inconnu et nous, entre les premiers mouvements de l’art dans les ombres de la préhistoire, dans la chambre obscure d’unegrotte à trente mille ans d’ici, et le présent 3D de la menace nucléaire. Entre traces de loup et d’enfant, draperies de stalactites diaprées, et les yeux des peintures de chevaux, un fascinant voyage au bout de la nuit des temps.


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Leyland Kirby,
Eager to tear apart the stars

Impatient de déchirer les étoiles : sous ce titre, l’homme qui fut V/Vm et est toujours The Caretaker, figure depuis 15 ans d’une musique électronique et expérimentale belle et sans concession, sort sous le nom de Leyland Kirby un disque absolument sublime, profondément émouvant, d’une radicale humilité, superbement édité dans l’écrin de peinture d’Ivan Seal. Cordes d’odyssées spatiales tragiques, pianos qui appuient sur la peau, présences électroniques et doux parasitages, échos de la mémoire et de l’oubli : le son des espaces infinis de l’intimité et du temps.

Leyland Kirby, Eager to tear apart the stars - History always favours the winners



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Images en marge # 2
http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marges-21-09-2011/5998/image/425832

Petit tour culturel en sept images







Frédéric Leighton, Exposition
Beauté, Morale et volupté, Musée d'Orsay Paris


Ce qui est superbe, au-delà de l’éclat équilibré du rouge brillant des cerises sur le blanc-rose pâlejoues, des peaux, le blanc-gris crémeux des vêtements, c’est ce pan d’or sombre dont la perspective brutale et laquée vient comme l’air de rien s’enfoncer au cœur du tableau, rendueanimale et étrange, déguisée en décoration, par un dessin de pattes de grues.


Frederic Leighton, Mère et enfant (cerises) : Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde au Musée d’Orsay. Du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012.
www.musee-orsay.fr

Crédit
: Frederic Leighton, Mère et enfant (cerises) - Mother and Child (Cherries), 1864 - 65 - Blackburn Museum & Art Gallery


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Candida Höfer,
Erinnern, Galerie Yvon Lambert Paris


Candida Höfer poursuit son travail de captation des architectures physiques et sociales à l’œuvre dans les lieux publics, cette fois à Séville aux Archives Nationales, et au Neues Museum de Berlin, sous un titre qui évoque le souvenir. Les photos, on les voit chez Yvon Lambert.

Candida Höfer, Erinnern à la galerie Yvon Lambert - Jusqu'au 9 octobre 2011.
Crédit : Neues Museum Berlin VIII, 2009, Courtesy Yvon Lambert


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Premier Sang


Le très louable dessinateur, éditeur et musicien Hendrik Hegray, fouilleur de sale, de dur, de bête et d’informe pour en tirer de violentes beautés, et auteur de certaines des perles les plus pures de la micro-édition des années 2000, s’occupe également d’un label vinyle nommé Premier sang, dont on se gorgera le vendredi 23 septembre aux Instants Chavirés lors d’une soirée concert spécialement dédiée au label, avec Mesa of the lost women, Speedqueen, et Sobak / Molière.

Crédit : Dennis Tyfus (Speedqueen)

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Jean Painlevé


Les films pleins de poésie que Jean Painlevé a réalisé sur les vies aquatiques, le mystère animal ou les cristaux liquides, de 1925 à 1982, au croisement du documentaire passionnant, de la magie visuelle, de la chorégraphie et d’une manière d’humour métaphysique, ont l’honneur d’une rétrospective à la Grande Galerie de l’Évolution du Museum d’Histoire Naturelle de Paris.

Jean Painlevé à la Grande Galerie de l’Évolution du Museum d’Histoire Naturelle de Paris - Projections le samedi 24 septembre à 15 h 30 et le lundi 26 septembre à 18 h. Entrée gratuite & places limitées.
Crédit
Jean Painlevé, L’Hippocampe, 1933 - Les Documents cinématographiques


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JSBJ, Galerie 12Mail Paris


Petit moment de romantisme teenage à la galerie 12Mail sous la direction du collectif JSBJ, pour Je Suis une Bande de Jeunes. Si l’innocence papillonnaire de ces skateuses sous ciel ouateux ne vous émeut pas malgré le regard doux de Santiago Mostyn, vous jetterez votre dévolu sur l’absurdité drôle des sculptures d’Aurélien Arbet et Jérémie Egry.

JSBJ à la galerie 12Mail - Jusqu’au 17 novembre 2011.
Crédit
Santiago Mostyn, Skate sirens


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Tim Eitel, Hakgojae Gallery Seoul



The Placeholders
, ou « les paramètres substituables » : soit les humains ? Les traits nets, tristes, les bleus de plus en plus froids mais de plus en plus habités des huiles de Tim Eitel , s’exposentjusqu’au 23 octobre à la Hakgojae Gallery de Seoul.

Tim Eitel, The Placeholders à la galerie Hakgojae, Seoul. Jusqu'au 23 octobre 2011.
Crédit :
Five Men Around a Table, 2011 -Courtesy Galerie EIGEN + ART Leipzig / Berlin & The Pace Gallery



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Featureless Ghost



Outre
un clip joliment graffité, et un à moitié found footage au beau psychédélisme de VHS brûlée, le bien talentueux duo Featureless Ghost sort en ligne depuis Atlanta de délicieux morceaux synth pop, arty disco et ambient brut, faits pour danser ivre en étant triste et / ou heureux. Leur belle et bizarre dernière vidéo, somnambulisme violet entre couple et gémellité, traverse le miroir et arrive ici.

Crédit : Fantastic Lands




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Images en marge # 3

Petit tour culturel en sept images.







Gerhard Richter, Galerie Marian Goodman Paris

C’est un principe : une exposition de Gerhard Richter, c’est comme le numéro de Kate Moss, ça ne se laisse pas passer. On va donc chez Marian Goodman.

Gerhard Richter, Peinture 2010 – 2011, à la galerie Marian Goodman - Jusqu’au 3 novembre 2011.

Crédit : Gerhard Richter Courtesy Marian Goodman Gallery


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Sounds Pressings, The Science of oblivion, Kimberly Dawn

Au croisement de cosmos et de glaciers comme d’autres sont au croisement de deux siècles, cet homme des temps perdus signale à l’auditeur un cut-up de vingt minutes mi-joué mi-collé par Sound Pressings et édité en mini-cd par Kimberly Dawn, où avec beaucoup de grâce se croisent – là aussi – guitares et voix lyriques, langue étrangère et grésillements, extraits de pop, extraits de films, extraits de quoi?

Crédit Danford Mitchell / Sound Pressings, The Science of oblivion


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Sleep ∞ Over, Forever, Hippos in tanks

Le rêve de « dormir pour toujours » qui paraît animer Stefanie Franciotti semble avoir été accompli par cette statuette immobile et vouée à ne jamais sursauter depuis le rose où elle sommeille. Parmi les songes, elle entend l’album Forever : elle entend des synthétiseurs diffus, mêlés, noyants, elle entend des rythmes et des guitares troublés par la distance, échos délavés, et dans cette eau déteinte qui ni ne s’endort ni ne s’éveille, une voix passe et se dilue.

Crédit : Sleep ∞ Over, Forever, Hippos in tanks


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Éric Baudelaire

À la jonction de la question terroriste moyen-orientale et de celle du rapport entre image et identité, réunies par les histoires de Fusako Shigenobu, fondatrice de l’Armée Rouge Japonaise, groupuscule pro-palestinien auteur du sanglant attentat de Lod en 1972 à Tel-Aviv, de sa fille May, dont les 27 premières années cachées furent vierges de toute photographie, et du cinéaste Masao Adachi membre de l’ARJ. Éric Baudelaire montait au centre d’art contemporain la Synagogue de Delme une exposition qui s’achève tout juste : L’Anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi et 27 années sans images. Extrait de film et publication sont toujours visibles sur le site de l’artiste.

Crédit : Éric Baudelaire


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Bertrand Bonello,
L'Apollonide Souvenirs de la maison close

Sur les arrière-cours du désir et la violence aiguë des cœurs, Bertrand Bonello sort un film esthétiquement et intellectuellement courageux, traversé de tableaux dont la majesté et dont les couleurs, rongées par l’irregardable, désignent le moment qui viendra pour elles de se faner. Une apnée maîtrisée dans les pulsions des hommes et la survie des femmes.

Crédit : L’Apollonide Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello, Haut et court, Les Films du lendemain, Photo : Carole Bethuel


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Fra Angelico et les maîtres de la lumière, Musée Jacquemart-André Paris

Le saviez-vous ? La tradition picturale classique distingue trois types de vierges : la « Vierge en gloire », qui la montre trônant dans les cieux, la « Vierge en majesté » ou Maestà, où Marie apparaît en reine et le plus souvent sur un trône, mais dans un espace terrestre, enfin la « Vierge d’humilité » : cette dernière, qui devient majoritaire après la peste tragique de 1348 et la nécessité d’humaniser la figure divine pour la rapprocher des fidèles, écarte le trône et montre la mère de Dieu assise à même le sol, ou sur du tissu ou des plantes. Celle de Fra Angelico a beau être tout à fait humble, elle n’en est pas moins splendide.

Fra Angelico et les Maîtres de la lumière, Musée Jacquemart-André - Jusqu'au 6 janvier 2012.
Crédit
: Fra Angelico, Vierge d’humilité avec saint Dominique, saint François, saint Jean-Baptiste, saint Paul et quatorze séraphins, 1428-1430 - Galleria


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Soft Metals, Soft Metals, Captured tracks


Un bisou et c’est tout.

Soft metals, Soft metals, Captured tracks




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Images en marge # 4, Spécial FIAC
http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marges-12-10-11/6225/image/443814

Sept images pour un petit tour de la FIAC (20 - 23 octobre) différent.



Cindy Sherman à la Galerie Skarstedt

La galerie new-yorkaise Skarstedt présentera une sorte de table des matières des stars de l’artcontemporain, avec la photographe américaine Cindy Sherman , dont les formidablesphotographies épuisent les possibilités de l’autoportrait fictionnel, le peintre, dessinateur et sculpteur allemand Martin Kippenberger , figure mythique d’une violence formelle et politiquejamais démentie, nourrie d’humour et de combat, Mike Kelley qui est à l’art ce que Thurston Moore est à la musique : un passeur entre l’underground et l’institution, ou encore, ce bon vieux Andy Warhol.

Galerie Skarstedt, Stand 0.A35
www.fiac.com


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Ernest T à la Galerie Gabrielle Maubrie

La galerie Gabrielle Maubrie exposera le toujours drôle et bien joué Ernest T, qui tourne en dérision les mécanismes et les stéréotypes de l’art et du discours sur l’art, tout en ouvrant toujours, entre les lignes, des portes discrètes vers ses véritables questions.

Galerie Gabrielle Maubrie, Stand 0.C41. www.fiac.com
Crédit : Ernest T, Courtesy Gabrielle Maubrie


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Karen Kilimnik à la 303 Gallery

Malgré la rétrospective que lui consacrait le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 2006 – 2007, la peintre romantique et pop Karen Kilimnik, surmédiatisée aux États-Unis, ne traverse l’Atlantique que sur une frêle embarcation et demeure assez peu connue en France, où la peinture figurative, quand elle n’est que narrative, intuitive et poétique, n’est reçue qu’avec une singulière méfiance. Le stand de la 303 Gallery de New York sera l’occasion de faire un peu mieux connaissance.

303 Gallery, Stand 0.B14. www.fiac.com
Crédit : Karen Kilimnik, Courtesy 303 Gallery



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Jean-Luc Verna chez Air de Paris


L’iconique Jean-Luc Verna, fidèlement présenté par Air de Paris, ne cesse au fil du temps de refaire son propre corps et de « défaire » ses dessins par un jeu de transferts, de rehauts, par des tentations d’effacement qui maintiennent à distance les dangers de la virtuosité et du « savoir-faire », cadeaux empoisonnés dont il cherche à dépoussiérer le dessin pour laisser apparaître, sous les strass et les brillants, la beauté cachée.

Air de Paris, Stand 0.B08. www.fiac.com
Crédit
: Jean-Luc Verna, Courtesy Air de Paris


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Galerie de Multiples

À rebours de la nécessité de l’œuvre unique et du statut magique qu’elle confère à tout objet signé et non-reproductible, la Galerie de Multiples ne travaille que dans le domaine précis des multiples, œuvres à « tant » d’exemplaires qui décident de distribuer et de partager, en différentes places du monde, l’aura que d’autres gardent pour une seule.

Galerie de Multiples, Stand 1.H06. www.fiac.com
Crédit : Hans Schabus, Courtesy GDM


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Erwin Wurm et Bertrand Lavier chez Xavier Hufkens

Sur le stand de la galerie bruxelloise Xavier Hufkens, qui poursuit au long cours un travail de grande classe marqué par une attention constante portée à l’intelligence formelle et à la pertinence conceptuelle, on trouvera, par exemple, Bertrand Lavier, dont les jeux de langage plastiques, historiques et sémantiques, sont toujours un réjouissement.

Galerie Xavier Hufkens, Stand 0.B19. www.fiac.com
Crédit
: Erwin Wurm, Courtesy Xavier Hufkens


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Éric Poitevin, Silvia Bächli et David Adamo à la Galerie Nelson-Freeman

La promesse de la galerie Nelson-Freeman de réunir les sous-bois photographiques d’Éric Poitevin, la dessinatrice suisse Silvia Bächli , aux douces abstractions narratives qu’on croisaitdernièrement dans les acquisitions récentes du Centre Pompidou, et l’américain David Adamo, auteur de superbes installations minimales de bois, de pierre et de peinture, de copeaux, de violence sourde et de précision, constitue une excellente raison de leur rendre visite.

Galerie Nelson-Freeman, Stand 0.C13. www.fiac.com
Crédit : Éric Poitevin, Courtesy Nelson-Freeman




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Images en marge # 5, Spécial Salon Light

http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marges-19-10-11/6285/image/444714


Pour la 8ème année, le Centre National de l’Estampe et de l’Art Imprimé sélectionne la crème internationale des éditeurs light, petits tirages et grands talents, au Point Éphémère. Petit tour parmi les stands à ne pas manquer.



Archive Books, Berlin

Les Berlinois d’Archive Books se définissent comme une plateforme globale de recherche artistique et culturelle, de débat et de « self-education », à la dimension politique et sociale affirmée. Le résultat : des livres d’une grande rigueur formelle, visuelle et typographique, au service d’artistes conceptuels importants comme Jonathan Monk, ou de réflexions sur l’art dans ses relations au spectacle, et plus largement au capitalisme.

Crédit : Archive Books

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APE Paper Editions, Gand


Chez les Belges d’Art Paper Editions, on feuillettera les dessins et peintures que Gideon Kiefer puise dans le quotidien et la banalité, les documentant et les transformant à coups de fusain ou à la gouache.

Crédit : Gideon Kiefer, The world above ground is unstable, Art Paper Editions, 2011


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Bedford Press, London

État du monde et places de l’art sont les chevaux de bataille jumeaux de Bedford Press : on y trouve ainsi d’un côté les Exhibition Prosthetics ou « Prothèses d’exposition », étude et critique des diverses conventions de l’exercice de l’art par le praticien Joseph Grigely ; et de l’autre, ces presses qui dépendent de la AA Architectural Association, London, publient également les Civic City Cahiers, qui se penchent avec le géographe Erik Swyngedouw sur le délabrement commun de l’espace urbain et de l’espace politique, le remplacement de la « cité » par des stratégies de management, et celui du « débat » par le consensus néolibéral. Welcome to the real world.

Crédit : Joseph Grigely, Exhibition Prosthetics, Bedford Press, London, 2010


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BAT, Paris / Bruxelles

Le jeune éditeur franco-belge BAT confie chaque numéro de sa publication Fan à un ou à des artistes différents voire à un groupe d’artistes fictif,ou tout simplement à un lépidoptérophile – collectionneur de papillons –,selon une périodicité intuitive et imprévisible : juin, juin, août, février, mars, septembre, octobre, avril, mai, mai… Lidia Fiala et Alain Rodriguez sont les auteurs du dernier numéro, Nine Circles.

Crédit : Lidia Fiala, Alain Rodriguez, Fan n° 9, BAT, Paris / Bruxelles, 2011


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MER / AudiooMER, Bruxelles


Mer. Paper Kuntshalle et audioMER sont la branche livres et la branche disques d’une même maison, la maison MER. La première publie des livres d’artistes, et la seconde retient spécialement l’attention par son vœu de proposer des musiques expérimentales sous la forme vinyle et sous des pochettes visuellement soignées, en mettant en avant les artistes invités, comme ici Robert Beatty.

Crédit : Hieroglyphic Being, Le Jardin des chemins bifurquants, LP, audioMER, 2011, Art Robert Beatty


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Eva Weinmayr

L’artiste Eva Weinmayr présentera ses propres publications, dont la dernière, parue chez Occasional Papers à Londres : (pause) 21 scenes concerning the silence of Art in Ruins, qui médite le silence depuis 2001 du collectif radical anglais Art in Ruins, et reproduit une interview du groupe initialement écrite pour Frieze Magazine en 1994, qui n’avait jamais été publiée.

Crédit : Eva Weinmayr,(pause) 21 scenes concerning the silence of Art in Ruins Occasional Papers, London, 2011


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Spector Books, Leipzig

La cité allemande de Leipzig a ceci d’être à la fois un pôle à moitié déserté de l’ex-République de l’est, où les usines abandonnées le disputent aux terrains vagues, et un haut lieu de l’art contemporain, et notamment de la peinture. C’est dans ce contexte que pousse comme une herbe post-industrielle l’éditeur Spector Books, qui a hérité de son milieu l’exigence artistique et l’engagement politique, en publiant, aux côtés d’artistes renommés comme Carsten Nicolai, des essais picturaux ou photographiques sur les communautés juives de Pologne dans les années 30 ou les affaires de la guerre froide.

Crédit Fabian Reimann, The Surveyor, Spector Books, Leipzig, 2011




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Images en marge #6

http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marges-02-11-11/6379/image/446876







Yûichi Yokoyama,
Explorations

Deux ans après le somptueux Jardin, les éditions Matière continuent de publier les bandes-dessinées sensationnelles de Yûichi Yokoyama, qu’elles ont fait découvrir à la France puis au Japon dès 2004 avec Combats. La même tonalité se poursuit ici : une narration bordée d’abstrait, fantastique et mystérieuse, une activité extraordinaire, débauche d’énergie et de confiance dans un paysage comme vivant, des êtres qui semblent pétris de bonté sous leurs visages post ou para-humains : c’est-à-dire probablement, sous des apparences nouvelles, profondément humains.

Yûichi Yokoyama, Explorations (Éditions Matière)
Crédit : Yûichi Yokoyama, Explorations, Éditions Matière


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Wilhelm Sasnal à la Whitechapel Gallery, Londres

Le polonais Wilhelm Sasnal, né en 1972, est sans doute l’un des peintres les plus enthousiasmants de sa génération : une remise en question constante des acquis de la peinture, un vocabulaire à la fois virtuose et ascète, dont la richesse jamais gratuite sert toujours au contraire de guide vers d’autres territoires, de nouveaux paysages et de nouvelles questions, une honnêteté enfin et une patience qui l’éloignent de tout « effet de mode ». La prestigieuse Whitechapel Gallery de Londres l’expose jusqu’au 1er janvier : un rendez-vous à ne pas manquer.

Wilhelm Sasnal à la Whitechapel Gallery, Londres - Jusqu'au 1er janvier 2012.
www.whitechapelgallery.org
Crédit
: Wilhelm Sasnal, Bathers at Asnières, 2010, Courtesy Sadie Coles HQ, London


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Roven n° 6, avec Nicolas Muller et Jockum Nordstrüm

Exclusivement consacrée à l’art du dessin, la revue Roven sort son 6e numéro. Le puissant portfolio de Nicolas Muller y déroule ses abstractions narratives où le géométrique et l’organique se donnent la main dans une sorte de temps arrêté, entre verrou et liberté, tandis que le suédois Jockum Nordstrüm, interrogé sur ses papiers peuplés d’habitants au crayon plein d’angles, et de plaines taillées dans le vert et l’ocre, prononce cette phrase quintessencielle : « On peint avec la couleur dans laquelle on croit ».

Crédit : Nicolas Muller, Roven n°6


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Hors Satan
de Bruno Dumont

Le geste d’un cinéaste de tenir un autre langage que le langage dominant, mérite toujours d’être salué. Un film aux dents cassées, au café qui ne fume pas, aux bruits dans la campagne, au salut l’un par l’autre, aux baisers qu’on « donne », à la violence mate, sans au-delà, au soleil dans les yeux et plein d’agenouillements.

Hors Satan de Bruno Dumont (Sortie le 19 octobre 2011)
Crédit
: Bruno Dumont, Hors Satan, 3B Productions


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Lee Noble, Horrorism


En plus de tenir à LA le radical label No Kings, le musicien Lee Noble est une promesse majeure de la jeune scène US psyché-ambient actuelle. Déjà auteur du magnifique Our star, the sun, hymne synthétique et atemporel arraché à quelles galaxies, il sort chez Bathetic Records son tout premier vinyle : Horrorism. Morceaux qui commencent et s’achèvent nulle part, baignés d’une même tonalité broyée, dissoute ; synthétiseurs en bout de course, guitares asséchées, assoiffées, échos qui tournent à l’extinction, voix touchante : la bande-son depuis la nuit reçue d’un kiosque fantôme, coincé entre deux dimensions, qui tournerait sans fin au milieu de la mer.

Lee Noble, Horrorism (Bathetic Records)


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Octobre à Paris de Jacques Panijel

Inédit jusqu’ici, Octobre à Paris de Jacques Panijel (1961-1962) fut interdit jusqu’en 1973, où l’ancien résistant René Vautier obtint l’abolition de la censure politique légale. Soutenu par l’historien Pierre Vidal-Naquet, il montre et raconte, outre les bidonvilles de Nanterre, les exactions graves que subissaient au quotidien les Français musulmans d’Algérie (tortures, exécutions sommaires), et la tristement célèbre manifestation pacifique du 17 octobre 1961, à Paris, que la police réprima par des milliers d’arrestations et de maltraitances, et en abattant et jetant à la Seine des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants. A voir au cinéma Les 3 Luxembourg.

Octobre à Paris de Jacques Panijel - Jusqu'au 29 novembre 2011 au cinéma Les 3 Luxembourg.
www.lestroisluxembourg.com




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Images en marge # 7, Spécial Paris Photo
http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marges-09-11-11/6425/image/447907






Charlotte Dumas chez Paul Andriesse


À l’origine intéressée par les chiens de police comme signes de violence et de conflits, puis par le pouvoir se représentant dans les chevaux de l’armée à Amsterdam ou à New York, la néerlandaise Charlotte Dumas en est venue plus généralement à se concentrer sur l’animal et à ne photographier que des bêtes – tigres, loups –, en s’éloignant progressivement de leur lien direct avec nos propres sociétés : pour se rapprocher de leur silencieuse intimité, et parce que le regardeur humain, d’une manière ou d’une autre, trouve toujours à s’y refléter.

Charlotte Dumas, Galerie Paul Andriesse, Stand E25
Crédit : Charlotte Dumas, Courtesy Paul Andriesse


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Thomas Mailaender chez Bertrand Grimont

Remarqué régulièrement, au Festival de Hyères ou aux Rencontres d’Arles, pour ses installations entre photographie et troisième dimension, entre regard sur le monde et cynisme ludique, entre travail au long cours et constance dans la dérision, Thomas Mailaender se tient au point de croisement de la critique et de la gratuité. Souvent, comme avec Les belles images, ou dans le Chicken Museum où les poules visitent sa « pire banque d’images du monde » The fun archive, il récupère pour inventer, et les souvenirs anonymes d’une société semi-absurde, étrange, ont droit à une seconde naissance.

Thomas Mailaender, Galerie Bertrand Grimont, Stand C06. A noter également, une exposition solo à la galerie jusqu’au 31 décembre 2011.
Crédit : Thomas Mailaender, « Les belles images »


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Édouard Levé chez Loevenbruck

Prématurément disparu il y a quatre ans, Edouard Levé menait une quête subtile et discrète du sens sous les apparences, et de la pertinence ou non, du nom que l’on donne à chaque chose, à chaque être. Il avait ainsi photographié le village d’Angoisse, ainsi forcément voué à être mi-amusant, mi-angoissant, ou des homonymes d’écrivains ou d’artistes célèbres ; et dans des séries comme Quotidien, Pornographie ou Actualités, des hommes et femmes en habits neutres, semblables, colorés et légèrement tristes, rejouaient de manière désincarnée, mais non sans charge émotive, des scènes reprises, imitées, représentées, mais pas, ou plus, vécues : apparences en quête de leur sens. Edouard Levé, Galerie Loevenbruck, Stand A 38 Crédit : Edouard Levé, Quotidien, Courtesy Galerie Loevenbruck

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Sigmar Polke chez Springer & Wrinckler Kunsthandel

Proche de Gerhard Richter, dont on évoquait récemment la rétrospective à la Tate et l’exposition chez Marian Goodman, l’allemand Sigmar Polke avait fondé avec son ami et camarade d’école d’art le « Réalisme capitaliste », pour se démarquer des utopies socialistes tout en soulignant le rôle de l’image comme incitation publicitaire à la consommation. Mélangeant les langages et les vocabulaires – photographie, sérigraphie, figuration, hasards et taches –, Polke contrait la désillusion par l’humour et la fatalité par l’invention.

Sigmar Polke, Galerie Springer & Winckler Kunsthandel, Stand C 10
Crédit : Sigmar Polke, Courtesy Springer & Winckler Kunsthandel


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Jane Evelyn Atwood chez in camera


Les superbes photographies de Jane Evelyn Atwood, témoins d’un monde sans manne, sans cadeau, où chaque individu se bat avec les obstacles de son existence et les forces implacables d’un univers indifférent, mais où subsiste fragilement, seul trésor et seule issue, quelque chose comme l’âme humaine, ne sont plus visibles à la MEP mais on pourra se rattraper pour quelques jours sur le stand d’in camera.

Jane Evelyn Atwood, Galerie in camera, Stand D 55
Crédit : Jane Evelyn Atwood, L’Institut départemental des aveugles, Saint-Mandé, France, 1980 - Courtesy in camera

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James Barnor chez Baudoin Lebon
Mode, Jaguar, sensualité, signes reconnaissables de sophistication, et… une mannequin noire : on est en 1966, et James Barnor, dans une série photo pour le magazine Drum, invite les consciences à évoluer.

James Barnor, Galerie Baudoin Lebon, Stand C 34
Crédit : James Barnor, Courtesy Baudoin Lebon


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Philip-Henry Egerton chez Gilles Peyroulet & Cie


Exactement un siècle avant « La montagne » de Jean Ferrat, l’administrateur anglais
Philip-Henry Egerton parcourait celles de l’Himalaya et tâchait d’en garder la trace. Si les conditions climatiques extrêmes, ennemies des chimies délicates, détruisirent de nombreux clichés, certains ont demeuré que l’on peut visiter : signes survivants et persistants d’un corpus de photographies perdues, d’un temps révolu et d’un lieu lointain.

Philip-Henry Egerton, Galerie Gilles Peyroulet & Cie, Stand D 05
Crédit : Philip-Henry Egerton, Courtesy Gilles Peyroulet & Cie




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Images en marge # 8
http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marges-01-12-11/6604/image/452751





Christian Dotremont au Centre Pompidou

« L’été ah dites-moi s’il vous plaît où est l’été mais non pas celui-ci, celui où je chantais avec elle » : de 1960 à 1978, Christian Dotremont, écrivain et poète belge proche du mouvement Cobra, écrit-peint des « logogrammes » : « des dessins de mot, des peintures de langage », calligraphies sans code, d’une belle et profonde encre noire, souvent illisibles mais traduites en marge, évoquant leurs aînées arabe et chinoise et les « mouvements » d’Henri Michaux. Et comme par hasard, ce que dégagent ces grandes feuilles blanches, plus que la parole, c’est son invité intrinsèque, celui des neiges de Laponie d’où Dotremont écrit celui de l’aimée : le silence.

Christian Dotremont au Centre Pompidou - Jusqu’au 2 janvier 2012.
Crédit
: Christian Dotremont, Centre Pompidou, Musée d'art moderne - Adagp, Paris


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Huit maîtres de l'Ukiyo-e à la Maison de la Culture du Japon à Paris

Le Musée d’Art Asiatique de Corfou prête jusqu’au 17 décembre à la Maison de la Culture du Japon à Paris une partie de sa collection exceptionnelle d’estampes du mouvement de l’ukiyo-e, « images du monde flottant » : monde du vivant, de l’éphémère et du présent. À travers huit de ses plus grands maîtres – dont les deux plus connus en France, Hiroshige et Hokusai –,150 œuvres des XVIIIe et XIXe siècles sont donc à découvrir tout de suite.

Huit Maîtres de l’ukiyo-e à la Maison de la Culture du Japon de Paris - Jusqu'au 17 décembre 2012.
Crédit
: Katsushika Hokusai, Museum of Asian Art Corfu, Greece. Photography by New Color Photographic Printing Co., Ltd


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L'Âge d'or de la photographie albanaise à la Maison Européenne de la Photographie à Paris

La Maison Européenne de la Photographie donne à voir un siècle d’images, entre archives et artistes, d’un pays qui s’inscrit au confluent de trois histoires : celle de sa région, les Balkans ; celle, orientale, de l’empire ottoman ; celle, enfin, de 50 années de totalitarisme. Sortons de notre ici et maintenant et allons voir ce qui se passe là-bas.

L’âge d’or de la photographie albanaise à la Maison Européenne de la Photographie, Paris - Jusqu'au 8 janvier 2012.
Crédit
: Pjetër Marubi, Maison Européenne de la Photographie, Paris


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Antoine Marquis à la Galerie Crèvecœur

Depuis longtemps, le discret Antoine Marquis dessine un monde doux, drôle, érotique et stupide, terriblement beau, de filles qui n’ont pas changé depuis notre adolescence, sauf quand elles se transforment en poneys au clair de lune, de souris qui mangent du fromage, de poulets à moto et de jeunes femmes sur la plage, dans les jardins ou dans les villes. On exprime sa joie que Crèvecœur l’expose.

Antoine Marquis à la Galerie Crèvecœur - Jusqu'au 14 janvier 2012.
Crédit
: Antoine Marquis, Courtesy Galerie Crèvecœur


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Le magazine False Flag n° 2

Trois mousquetaires sont à l’origine du magazine False Flag : Stéphane Prigent, dessinateur et meilleur éditeur d’art du monde avec FLTMSTPC, Hendrik Hegray, dont on parlait récemment, et Jonas Delaborde. Ils veulent proposer ici des images de sculptures en cours, d’objets détruits, inachevés ou abandonnés, de vues d’ateliers, de restes. Parmi leurs invités, Cameron Jamie, Pat Maherr. Une revue de sculpture ? Peut-être, mais qui persisterait « à vouloir montrer un envers, un avant ou un après » : autour ou à côté de l’attendu, mais pas dedans.

Crédit : Hendrik Hegray, False Flag n° 2


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Le film
Donoma de Djinn Carrénard

Après avoir fait sensation au « Cannes off » de l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (l’ACID) et avoir défrayé la chronique spécialisée, Donoma finit par sortir en salle. Malgré ou à travers quantité de maladresses, il témoigne nettement d’une énergie et d’un désir : celui d’en découdre avec le cinéma, avec la vie, dans lesquels il se jette avec les défauts et les qualités de son sujet même : la jeunesse.

Crédit : Salomé Blechmans, Djinn Carrénard, Vincent Perez, dans Donoma de Djinn Carrénard, Donoma Guérilla et Commune Image Media


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Geoffrey Sexton, Night City Undertow

Geoffrey Sexton réalise de jolies vidéos sous le nom de Mothers in Favor, tient le label DVD Univers Elementum, et compose des musiques abstraites, ambient, bruitistes, paysagistes, et cette fois aussi à archets, pour un dernier album publié chez Hooker Vision, à la méditative et ravissante pochette. Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

Crédit : Geoffrey Sexton, Night City Undertow, Hooker Vision, Art Grant Evans




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Images en marge # 9, Spécial Noël
http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marge-20-12-11/6744/image/456927
À voir, à visiter ou à offrir : 7 images pour un noël différent







Le film Les Immortels de Tarsem Singh

Certains objets s’inscrivent au confluent d’une nullité absolue et d’une force d’affirmation extraordinaire, qui les hisse, par une sorte de geste miraculeux, au rang d’œuvres d’art. C’est le cas des Immortels (War of the gods) : entre son image de caméscope et les ors patinés des dieux qui éclatent parmi le gris sanglant des hommes, entre esthétique fantastic art, coups, fracas, bonds en tous genres, sibylles new age, paysages olympiens lunaires, et échos lointains de douanier Rousseau multipliés par la vitesse numérique, ce film pourtant si cheap dans son traitement de la culture grecque et dans l’idéologie qu’il délivre (quoique louable : il faut être vertueux), se révèle mortellement enthousiasmant. Le christmas movie idéal.

Les Immortels de Tarsem Singh (Metropolitan Films)


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Selva Surreal
de Buffalo Moon

Le label Moon Glyph, plein de jolies musiques et de pochettes stylées, écrit du groupe Buffalo Moon, dont ils publient le dernier album Selva Surreal à la buffalique aquarelle, que dès leur premier album Wetsuit en 2010, ils avaient "made everybody want to go to the beach and get drunk and fall in love". Quoi de mieux parmi les flocons de neige ?

Buffalo Moon, Selva Surreal (Moon Glyph)
Crédit: Maureen Gubia


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Le livre Frédéric Magazine 4

Est-ce parce que l’on y participe que l’on n’a pas le droit de considérer que Frédéric Magazine 4, qui unit 40 artistes sur 300 pages de papier chic – parmi qui Frédéric Fleury, Yu Matsuoka-Pol, Leon Sadler, Christian Aubrun, C.F., Misaki Kawai, Jose-Maria Gonzales, Patrick Pion, Mehdi Hecberg, Emmanuelle Pidoux, Ludovic et Jérémy Boulard Le Fur … – est un des plus beaux livres collectifs de dessin que l’on ait vus depuis longtemps ? A priori heureusement non, donc on foncera dans sa louange.

Crédit: Yosuke Yamaguchi, Frédéric Magazine / Les requins marteaux



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L'exposition Gaston Fébus au Musée National du Moyen-Âge


La précision, la minutie et la beauté des enluminures des grands maîtres de l’âge obscur, pourraient servir, par comparaison, à ouvrir une méditation sur une possible « paresse moderne ». Des enluminures, le Musée du Moyen-Âge n’en présente finalement que peu dans son exposition consacrée à Gaston Fébus, vassal du roi et auteur vers 1390 d’un superbe, foisonnant, plein de vie et violent Livre de chasse (édité par la Bibliothèque de l’Image et épuisé). On regrette certes la modestie d’une proposition pourtant intéressante, mais il faut s’offrir pour l’hiver une après-midi au Musée de Cluny : car après les deux salles où se condensent tout de même quelques très belles pièces (des ours, des chats, des cerfs, et des sceaux royaux), on ira du même pas visiter sa merveilleuse et silencieuse collection permanente.

Gaston Fébus (1331 - 1391), Prince soleil - Du 30 novembre 2011au 5 mars 2012.
Crédit : Gaston Fébus, Musée National du Moyen-Âge / Musée Cluny, Paris, Bibliothèque Nationale de France.



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Le vinyle
Travel Expop series # 1 : France

Ce disque atmosphérique de bruit doux aux résonances pop est le premier d’une série de collaborations éditoriales que lance le jeune label français Hands in the dark (Cankun, Death & Vanilla) : chaque titre présentera 4 groupes d’un même pays, en coédition avec un label également compatriote. Pour cette entrée en matière, c’est la France qui nous sourit : le label associé, c’est l’angevin Ruralfaune, éditeur des projets solo des membres de Featureless Ghost que nous évoquions à l’automne, et l’on est bercé en deux faces par les rythmes de Voodoo Mount Sister et de Holy strays, les plages de Cankun et les croisades de paix de Je suis le petit chevalier.

Travel Expop series # 1: France (Hands in the dark / Ruralfaune)
Crédit: Michael Sallit


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Majolique : La faïence italienne au temps des Humanistes, au Musée National de la Renaissance à Écouen


Trois femmes nues dans une seule assiette: l’idée est attrayante, d’autant plus que ce sont des déesses. Aphrodite, Athéna, Héra, demandent au fringant Pâris de choisir la plus belle; fatalement il vote Aphrodite, bien sûr elle lui promet la plus belle des épouses, il enlève donc Hélène, déclenche la guerre de Troie, tue Achille, meurt. Sur beaucoup de belles faïences, beaucoup de belles histoires, que le Musée National de la Renaissance, à Écouen, appelle de France, d’Angleterre et d’Italie (où faïence se dit majolique), pour éclairer et illustrer l’influence des courants humanistes sur les arts céramiques de 1480 à 1530, ou comment la renaissance spirituelle souffle une renaissance visuelle.

Crédit Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, © Patrick Pierrain / Petit-Palais / Roger-Viollet


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Le DVD du film de Guy Debord La Société du Spectacle


Pour Noël, offrons-nous un refus du monde comme il va.


Crédit Guy Debord, La Société du Spectacle, DVD Gaumont






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vendredi 9 décembre 2011

Lee Noble


EXPERIMENTAL PROPAGANDA



From LA, musician Lee Noble releases a superb album quickly gone, Horrorism, where synths and guitars hold each other's hand in a continuous flickering made with night visions ; in the same time, he's in charge of the very excellent label No Kings, where all is beautiful and sold out.



Original full version of the interview published this month in Balise # 3
https://www.facebook.com/pages/Balise/119839394788533
+ Review published in Images en marge # 6
at french Vogue online
http://www.vogue.fr/culture/en-vogue/diaporama/images-en-marges-02-11-11/6379/image/446877


Texte français ci-dessous









What has been your own history of music, your own evolution, as a listener and as a musician, between the various fields of music, musicians, composers or bands, or styles, and, more precisely, the various ways of thinking music and of making music ?


As a listener, It took me a long time to get to what is now my favorite music.

I came a long way over a long period of time, I came late to most things, and really dug myself out of a hole of listening to bad music, or not knowing about music. I really didn't get into most things until college. My friends always knew more about music than I did, and I was very fortunate that they sometimes showed me the good stuff, though it would often take me a long time to realize it. I remember my friend TJ Richards giving me a copy of Experimental Jet Set Trash and No Star, and not really getting too into it (by this time we were already in a band together) but then much later listening to EVOL and finally understanding Sonic Youth, just thinking "Holy Fuck - GUITARS."


I mean, the further we get into the future, the deeper and deeper we are into an ocean of trash culture, you really have to spend a long time swimming through bad music and nonsense if you don't have some kind of guide. I did a lot of work.


As a musician: I'm from Nashville, and my dad is a guitar player, there was always cool equipment lying around the house, and I was always interested in touching instruments, but for a long time I wasn't interested in guitar because I thought that was "dad's thing". Picking up things and dropping them. I lack technical focus and tend to work in bursts and move on somewhat quickly. I can do many things fair-to-middling. By the time I was playing in a band I had traded a clarinet for a bass, and amassed a cache of borrowed guitars and things, and even scored a Moog from a Country Music producer who got it new in 1981, had a custom flight case made for it, and then left it untouched in his basement for 20 yrs. I was playing mainly bass in a band with friends called Poet Named Revolver. Together we still play occasionally when stars are aligned and with a few other friends as Horsehair Everywhere. But we practiced and toured and made a record, and that's where I learned anything about music, from them. We broke up in '07. Recording our magnum opus in a friend's studio was stressful and I think we were still bent on getting signed to an actual label, and thus we were frustrated. Still looking for that label for what I still think is an amazing album by the way. All this time I was recording songs on my own, usually more guitar driven stuff, though I have slowly been tempered by the allure of the synthesizer.


When I moved to California in 08, I got most of the fast riffs out of my system. Also I got a free broken harmonium which I fixed with some sticky tack, and that really changed my whole operation. It didn't work very well, so you had to play it very slow, it had many holes so the air was slow to vibrate the reeds. I began to record harmonium pieces on cassette and play them back and loop synth parts over them and that's pretty much what I do.



Today, would you say you have a specific conception of music, and if yes what would it be if you can express it with words?


Music is anything with intent. Say it is real and it is.



As a publisher, you've been founding the label called No Kings. First could you tell us a little about its own history, how you came to do it, then, the name "No Kings" has a clear political connotation. What kind of connection are you doing between music, and something like politics?


My bandmates from Poet Named Revolver, primarily Steve Molyneux and I, started the label in '06 as simply a name to put on our own recordings. We made CDRs then, and packaged them in paper slips with stamped artwork.


Though it was restarted in 2010 with a new focus on tapes, and seeking out new music to release. The name's meaning is certainly intentional, we are all very interested in propaganda, slogans, and left-wing activist culture, especially Central and South American propaganda artwork, and Revolution's many iterations. The Situationists / French Anarchist movement of the late 60s is also a touchstone. The name is a slogan is a weapon, etc.... Everything is political. Making music is very political. Being political doesn't have to be effecting overt real world change. But everyone who is involved in releasing artwork in any capacity is most definitely making change in their world. That is so much more effective and direct than collective signatures on a petition or something. Everyone who has a tape on No Kings or any other like minded label is adding to culture, and we're all coming from approximately the same head space, so that is political, that is activism, even when we are making seemingly meaningless abstract music, or perhaps even especially when we are doing that. A drop in the ocean is still a drop.


Jonathan Meese says that "art must dominate everything, all politicians must resign and art must be empowered... "The dictatorship of art is ideal". I like that.



You're making the artworks at No Kings, and generally you belong to a musical and publishing scene where most of the artworks are important, beautiful, and part of the object you get when you get the tape or record. How do you see the link between music and the connected artwork, does it tend to be a "global object", musical and visual, or is the artwork more clearly a kind of "pleasure bonus" but not as important as the recorded music, or are they 2 objects conversing together like each one its own words… ?


Paying attention to the details of each release's packaging indicates respect for the music and the release to me. If we're to insisting that these albums have a physical presence in the world, then we have to justify that by taking great care with it's packaging. my job at the label is to complete this packaging. i am given over half of the material for each release - the artist gives me his or her music, the dubbing house supplies me with plastic cases and the actual cassettes. I am effectively in charge of a small square of paper and selecting a color scheme, so I want to make sure that aspect of the release justifies it's own existence in the physical plane.

And really that's the only incentive artists have to partner with No Kings. I offer packaging. There are other labels that will get you more exposure, higher editions, vinyl, distribution. Each release is a partnership and there is no struggle between the music and visual aspects, they are intertwined.



How do you work, I suppose improvisation is a big part of the process, but is that all or are they some things that are written - if yes are they written because you first played them once and noted them, or written in a "composition process" -, do you make a piece or song in quite a quick process or do you work a long time on it, do you follow a first idea or are the pieces the results of many transformations ?… Is it always different… ?

Do you think the way someone is "making" music, in a word, the subject of this question I'm asking you, gives meaningful informations, or do you think these kind of "biographical" informations are irrelevant and the music itself is the only answer ?


First, I record something onto a little cassette recorder, usually improvised. Like a field recording that I play myself. And I work up from those pieces, layering. I have stacks of cassettes with harmonium or banjo or guitar melodies on them lying around. Sometimes I will complete several songs in a day, or sometimes I just have the base layer and I keep adding on over a couple weeks. It could have as many as 8 layers by the end, but I always use that first layer as the guide and build up from there.


I think that context, and biographical information is very important for a lot of people when they are listening to music. Though I wish it wasn't so heavily emphasized. People love to have a story about where music comes from. But I don't have an terribly interesting story, I'm just a guy, and I live in LA. But there's always albums that were "recorded in an isolated 200 yr old cabin in the ozarks by a monk" or something, and that's beautiful, but I try to ignore that allure of the "story" somewhat because I don't know what my story is. I hope people can appreciate an album that has a story, and also one that doesn't, that hopefully a connection with the music will be enough.



What is your connection with the "tools" of music, synths, guitars, pedals, recording equipment, maybe computer… ? Do you feel like you're directing them, or they're also giving their own directions to music ? or is it a kind of "shared work" ?

The fact that you're the one playing the instruments, but that simultaneously they're sounding their own sounds, can give the idea that making music is half-freedom half-reliance ; what is your own idea about this matter of freedom in music ?


I know I am giving up some of my sovereignty to my equipment, because of my lack of interest in focusing on technique and precision. I embrace the side effects of using old instruments and equipment, that's totally part of my work. I am dependent on my own collection of stuff, I owe my sound to their process. You'll notice that many of my tracks begin with the sound of the tape recorder being un-paused. If I bothered to learn how to use a computer for music, or better recording equipment I could absolutely have more control than I do, but I think I would lose my identity that way. Limitations are good, total freedom is the death of creativity, to some degree. I am not necessarily interested in precise control. But I do add my own sensibility for melody to their sound, I am responsible for that. And if I were just writing down instructions for other musicians, writing down notes, I wouldn't feel the same responsibility for my music, it is the way it is because I am playing it, alone.



Is there something you're seeking for ?


Systems of expression.



How are Listener-Lee and Musician-Lee connected ? They're the same, they're different, do you play or listen to your own music another way than others one ?


They are the same. I try to make music that I want to listen to.



What would be perfect in music ?


Effortless marriage of abstraction and emotion without pretense.




Interview November 11, 2011
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Lee Noble, Horrorism,
Review in Images en marge # 6 at Vogue.fr, November 2, 2011



Besides leading in LA the radical label No Kings, musician Lee Noble is a major promise of the young current US psyche-ambient scene. Already author of the magnificent Our star, the sun, a synthetic and timeless hymn escaped from which galaxies, he releases his debut vinyl at Bathetic Records : Horrorism. Pieces that start nowhere and end nowhere, swimming in a same tonality crushed, dissolved ; synthesizers ending their life, guitars dried up, made thirsty, echoes turning into extinction : the soundtrack received from the night from a ghost bandshell, endlessly turning in the middle of the sea.





Lee Noble : http://leenoble.bandcamp.com/
No Kings : http://no-kings.tumblr.com/

Horrorism, Vinyl by Bathetic Records (sold out)
Buy it here in aiff / mp3 : http://boomkat.com/downloads/447345-lee-noble-horrorism
Grab it here :




Rip by The Radiant Now, many thanks for all


Also free download the wonderful Our star, the sun from Lee's bandcamp here :



Enjoy !


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EXPÉRIMENTALE PROPAGANDE



Depuis LA, le musicien Lee Noble sort un album superbe rapidement épuisé, Horrorism
, où synthés et guitares se tiennent la main dans un vacillement permanent nourri de visions nocturnes ; simultanément, il s’occupe de l’excellentissime label No Kings, où tout est beau et sold out.


Texte complet de l'interview publiée ce mois-ci dans Balise n° 3
https://www.facebook.com/pages/Balise/119839394788533
+ Article publié dans Images en marge
# 6 sur Vogue.fr




Quelle a été ta propre histoire de la musique, ta propre évolution, en tant qu’auditeur et en tant que musicien, entre les différents champs de la musique, les musiciens, les compositeurs ou les groupes, les styles, et, plus précisément, entre les différentes manières de penser la musique et de faire de la musique ?


En tant qu’auditeur, ça m’a pris beaucoup de temps d’arriver à ce qui a maintenant ma préférence en musique. Mon chemin était long et il m’a demandé du temps, je suis arrivé tard à beaucoup de choses, et je me suis vraiment sorti d’un gouffre à écouter de la mauvaise musique, à ne pas connaître la musique. Jusqu’au lycée je ne connaissais quasiment rien. Mes amis en savaient toujours plus que moi sur la musique, et j’ai eu beaucoup de chance qu’ils me montrent parfois des bonnes choses, même si je ne l’ai réalisé qu’avec le temps. Je me rappelle que mon ami TJ Richards m’avait passé Experimental Jet Set, trash and no star, et que je n’avais pas vraiment accroché (à cette époque on jouait déjà dans un groupe ensemble), et c’est seulement beaucoup plus tard en écoutant EVOL que j’ai finalement compris Sonic Youth, en me disant simplement « Putain de Dieu : LES GUITARES ». Je crois que plus loin on avance dans le futur, plus on nage parmi un océan de plus en plus profond de culture de merde, et l’on doit vraiment passer beaucoup de temps à nager à travers la mauvaise musique et le non-sens si on n’a pas une sorte de guide. J’ai fait un gros travail.


En tant que musicien, je viens de Nashville, et mon père est guitariste, il y a toujours eu du matériel cool à la maison et j’ai toujours aimé le contact avec les instruments, mais longtemps je n’ai pas touché à la guitare car c’était « le domaine de papa ». J’attrapais des trucs, je les reposais. Je manque d’intérêt pour la technique, j’ai plutôt tendance à travailler par sursauts et à passer rapidement à autre chose. Je fais pas mal de choses pas trop mal.


Lorsque j’ai joué dans un groupe, j’ai échangé une clarinette contre une basse, amassé un lot de guitares empruntées, et même dégoté le Moog d’un producteur de country qui l’avait eu neuf en 1981 avec un étui de transport customisé, et l’avait laissé sans le toucher dans sa cave pendant 20 ans. Je jouais surtout de la basse dans un groupe avec des amis, Poet Named Revolver, et il nous arrive toujours de jouer ensemble quand les étoiles sont alignées, ainsi qu’avec d’autres amis sous le nom de Horsehair Everywhere. On jouait, on tournait, on a fait un disque, et c’est là, c’est d’eux que j’ai tout appris sur la musique. On s’est séparé en 2007. Enregistrer notre magnum opus dans le studio d’un ami fut stressant, et je crois qu’on était trop focalisés sur le fait de signer sur un vrai label, donc on se retrouvait frustrés. D’ailleurs on cherche toujours le label pour ce que je tiens toujours pour un super album.


Pendant tout ce temps j’enregistrais des chansons de mon côté, plutôt des trucs à base de guitare saturée même si j’ai lentement été tempéré par le charme du synthétiseur.


Quand j’ai bougé en Californie en 2008, j’avais abandonné la plupart des riffs rapides. J’ai aussi eu un harmonium cassé que j’ai réparé au scotch, et qui a vraiment modifié tout mon système. Il ne marchait pas très bien, donc il fallait en jouer très lentement, il y avait beaucoup de trous qui faisaient que l’air mettait du temps à faire vibrer les anches. J’ai commencé à enregistrer des pièces pour harmonium sur cassette, à les passer en partie de fond, à mettre en boucle certains passages, et c’est toujours à peu près ce que je fais aujourd’hui.



Aujourd’hui, dirais-tu que tu as ta propre conception de la musique, et si oui quelle serait-elle, si tu peux l’exprimer en mots ?


La musique, c’est n’importe quoi qui ait une intention. Si c’est réel, c’en est.



En tant qu’éditeur, tu as fondé le label No Kings, d’abord peux-tu nous parler un peu de son histoire, comment tu en es venu à faire ça, ensuite le nom « No Kings » a une connotation clairement politique : quel lien fais-tu entre la musique, et quelque chose comme la politique ?


Avec mes amis de Poet Named Revolver, c’est-à-dire surtout avec Steve Molyneux, on a lancé le label en 2006, simplement comme un nom à mettre sur nos propres enregistrements. On faisait des CDRs, dans des pochettes en bouts de papier avec des artworks tamponnés.


Ensuite on l’a relancé en 2010, pour se concentrer sur les cassettes et sur des nouvelles musiques à publier. Le nom est bien sûr intentionnel, on est tous très intéressés par les questions de propagande, de slogans, la culture activiste de gauche, particulièrement les arts de propagande en Amérique Centrale et du Sud, et par les nombreuses itérations de la Révolution. Le mouvement situationniste, l’anarchie française de la fin des années 60, est également une référence. Le nom est un slogan est une arme, etc… Tout est politique. Faire de la musique est très politique. Pour être politique il n’y a pas besoin d’effectuer un changement manifeste du monde réel. Et ceux qui s’investissent dans des réalisations artistiques de quelque manière, sont ceux qui font le plus absolument changer leur monde. C’est tellement plus efficace et direct que de collecter des signatures sur une pétition. Tous ceux qui ont une cassette chez No Kings ou sur n’importe quel label dans le même esprit, ajoutent à la culture, et nous venons tous à peu près du même espace, donc c’est politique, c’est de l’activisme, même quand on fait de la musique abstraite apparemment sans signification, et peut-être même particulièrement quand c’est ça qu’on fait. Une goutte dans l’océan reste une goutte.


Jonathan Meese dit que « l’art doit tout dominer, que tous les politiciens doivent se résigner et que pouvoir doit être donné à l’art… La dictature de l’art est un idéal ». Ça me plaît.



Tu fais les artworks pour No Kings, et plus généralement tu appartiens à une scène musicale et éditoriale où la plupart des artworks sont importants, beaux, et font partie de l’objet que l’on reçoit quand on acquiert la cassette ou le disque. Quel lien fais-tu entre la musique et l’artwork qui lui correspond, est-ce que tout tend à être un « objet global », musical et visuel, ou est-ce que l’aspect visuel est un « plaisir bonus » mais moins important que la musique enregistrée, est-ce que les deux objets dialoguent chacun avec ses propres mots… ?


Être attentif aux détails du packaging de chaque album, est pour moi une forme de respect envers la musique et envers l’album. Si nous insistons sur le fait que ces albums ont une présence physique dans le monde, alors nous devons justifier ça en prenant grand soin de l’emballage. Plus de la moitié du matériel de chaque album m’est fourni, l’artiste apporte sa musique, la maison de copie me fournit les boîtiers plastique et les cassettes, mon rôle se réduit à un petit carré de papier et à choisir un jeu de couleurs, alors je veux être sûr que cet aspect de l’album justifie son existence sur le plan physique. Et vraiment c’est la seule motivation que les artistes peuvent avoir pour travailler avec No Kings : j’apporte le packaging. D’autres labels apportent une meilleure exposition, des éditions plus importantes, du vinyle, de la distribution. Chaque album est un partenariat et il n’y a pas de lutte entre la musique et les aspects visuels, ils sont entremêlés.



Comment travailles-tu, je suppose que l’improvisation a une part importante, mais est-ce que c’est tout, ou y a-t-il des choses écrites, est-ce qu’elles sont écrites parce que tu les as jouées et ensuite notées ou bien écrites dans un processus de « composition », est-ce que faire un morceau ou une chanson est un processus rapide ou long, est-ce que tu suis ta première idée ou est-ce que les morceaux sont le résultat de nombreuses transformations, est-ce que c’est toujours différent… ?

Est-ce que tu penses que la manière dont quelqu’un « fait » de la musique, en un mot, le sujet de cette question que je te pose, donne des informations signifiantes, ou est-ce que ces sortes d’informations « biographiques » ne sont pour toi pas pertinentes, et que la musique elle-même est la seule réponse ?


D’abord, j’enregistre quelque chose, le plus souvent improvisé, sur un petit radiocassette. Comme un field recording que je jouerais moi-même. Et je pars de ces pièces, en ajoutant des couches. J’ai des tonnes de cassettes avec de l’harmonium ou du banjo, des mélodies de guitare, qui traînent. Parfois je fais plusieurs morceaux en un jour, parfois j’ai juste la partie de base et je continue d’en ajouter pendant deux semaines. Ça peut comporter jusqu’à huit voix au final, mais j’utilise toujours la première comme un guide, et je développe à partir de là.


Je crois que le contexte, les informations biographiques, sont très importants pour beaucoup de gens quand ils écoutent de la musique. Pourtant j’aimerais que l’accent ne soit pas autant porté dessus. Les gens adorent avoir une histoire sur, d’où vient la musique. Mais je n’ai pas une histoire terriblement intéressante, je suis juste un type, et je vis à LA. Mais il y a toujours des albums qui ont été genre « enregistrés dans une cabane isolée vieille de 200 ans dans les Ozarks par un moine », et c’est beau, mais j’essaie d’ignorer le charme de « l’histoire », un peu parce que je ne sais pas quelle est mon histoire. J’espère que les gens peuvent apprécier un album qui a une histoire, aussi bien qu’un qui n’en a pas, et que le lien avec la musique sera suffisant.



Quel est ton rapport avec les « outils » de la musique, les synthés, les guitares, les pédales, le matériel d’enregistrement, peut-être l’ordinateur… ? Est-ce que tu as l’impression de les diriger, ou qu’ils donnent aussi leurs propres directions à la musique ? ou est-ce que c’est une sorte de « travail partagé » ?

Le fait que tu sois celui qui joues des instruments, mais que simultanément ils sonnent avec leurs propres sons, peut donner l’idée que faire de la musique est un mélange de liberté et de subordination ; quel est ton propre sentiment sur cette question de la liberté dans la musique ?


Je sais que j’abandonne une part de ma souveraineté à mon matériel, à cause de mon manque d’intérêt pour une plus grande attention à la technique et à la précision. J’embrasse les effets impliqués par l’usage de vieux instruments et matériels, ça fait totalement partie de mon travail. Je suis dépendant de ma propre collection de trucs, je dois mon son à leurs processus. Tu remarqueras que beaucoup de mes morceaux commencent avec le son du radiocassette quittant le mode pause. Si je m’embêtais à apprendre comment on se sert d’un ordinateur pour faire de la musique, ou bien d’un meilleur équipement, je pourrais clairement avoir plus de contrôle que je n’en ai, mais je pense que je perdrais ainsi mon identité. Les limitations sont bonnes, la liberté totale c’est la mort de la créativité, à un certain degré. Je ne suis pas nécessairement intéressé par le contrôle précis. Par contre j’ajoute à leur son ma propre sensibilité à la mélodie, je suis responsable de ça. Et si j’écrivais simplement des instructions pour d’autres musiciens, si je leur écrivais des notes, je ne me sentirais pas la même responsabilité de ma musique, elle est comme elle est parce que c’est moi qui la joue, seul.



Il y a quelque chose que tu cherches ?


Des systèmes d’expression.



Comment l’auditeur Lee et le musicien Lee sont-ils reliés ? C’est le même, ils sont différents, tu joues ou tu écoutes ta propre musique différemment de celle des autres ?


Ils sont le même. J’essaie de faire la musique que je veux écouter.



Qu’est-ce qui serait parfait en musique ?


Le mariage naturel de l’abstraction et de l’émotion, sans feinte.





Propos recueillis le 11 novembre 2011
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Lee Noble, Horrorism,
Article paru dans
Images en marge # 6 sur Vogue.fr le 2 novembre 2011


En plus de tenir à LA le radical label No Kings, le musicien Lee Noble est une promesse majeure de la jeune scène US psyché-ambient actuelle. Déjà auteur du magnifique Our star, the sun, hymne synthétique et atemporel arraché à quelles galaxies, il sort chez Bathetic Records son tout premier vinyle : Horrorism. Morceaux qui commencent et s’achèvent nulle part, baignés d’une même tonalité broyée, dissoute ; synthétiseurs en bout de course, guitares asséchées, assoiffées, échos qui tournent à l’extinction, voix touchante : la bande-son depuis la nuit reçue d’un kiosque fantôme, coincé entre deux dimensions, qui tournerait sans fin au milieu de la mer.




Lee Noble : http://leenoble.bandcamp.com/
No Kings : http://no-kings.tumblr.com/

Horrorism, Vinyl by Bathetic Records (sold out)
Achat digital via Boomkat : http://boomkat.com/downloads/447345-lee-noble-horrorism
Ou offert ici (avec assentiment de l'auteur, & rip by The radiant now, super thanks for all) :





Et offert aussi, Our star, the sun, disponible sur le bandcamp de Lee ici :



Bonne écoute !


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mercredi 21 septembre 2011

Jane Evelyn Atwood


Il reste jusqu'à dimanche pour aller voir la nécessaire exposition des photographies prises par Jane Evelyn Atwood entre 1976 et 2010.

L'une d'elles, de 1996, s'intitule Tentative de suicide, métro Belleville, Paris, France.

Rien d'insoutenable n'y est montré, sauf ceci.

Dans l'œil droit, une sorte d'effroi surpris face à l'immensité de cette sensation nouvelle et différente de tout ; dans l'œil gauche, lassitude infinie, sans issue : le désespoir d'avoir raté.



Ce n'est pas le genre d'expositions sur lesquelles on a envie d'écrire.
On a envie que les gens y aillent, c'est tout.





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Maison Européenne de la Photographie
5 / 7, rue de Fourcy
75004 Paris
Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés.

7 / 4 €.



mardi 13 septembre 2011

Pascal Doury


Ce 13 septembre marque les dix ans de la disparition de l'artiste génial Pascal Doury, dessinateur et peintre obsessionnel et épiphanique, d'une culture visuelle et littéraire hors-normes, humaniste sans concession, auteur de livres phares de l'underground français comme
Théo Tête de mort ou Pornographie catholique, cofondateur de la revue Elles sont de sortie, puis, seul, de la revue Patate, dont le second album s'était achevé sans lui.





Pascal Doury était mon ami.
Après quelque hésitation, je publie le texte qui suit, écrit en 2003, qu'on lira ou non, au choix.
Comme toujours, bien sûr : au choix ; mais là j'en préviens.
C'est une chose difficile, de savoir ce qu'il est juste ou non de publier, ce qu'il est bon, ou pas, de donner à d'autres, ce qui a le bon sens ou non.
J'ai aussi envisagé de le réduire, par endroits ; retrancher quelques mots, des passages, que je n'écrirais plus comme ça aujourd'hui, qui me gênent en quelque manière… Je ne parle pas de style, dont on se fiche un peu, mais je suis aujourd'hui plus vieux de huit ans, et bien loin parfois, non pas du souvenir de Pascal, mais de celui que j'étais il y a huit ans, quand j'en parlai ; et certains écorchements de la sensibilité, certaine naïveté d'exposition dans des phrases qui commencent par je, je leur mettrais aujourd'hui, si j'avais à les mettre en jeu, un voile plus épais de pudeur.

Il y a aussi, j'en ai été frappé en le relisant, que ce texte parle beaucoup, le mot y est plusieurs fois, d' "amitié".
On ne donne pas à ce mot le même sens, ou plutôt, on ne l'insère pas dans le même paysage d'impressions, d'histoire, on ne le prononce ni ne l'entend du même œil, de la même oreille, avant et après certaines années de l'existence.
Le passage du temps et ses conséquences, ses apprentissages, incitent à la prudence dans l'emploi de mots comme celui-ci. Qu'y dit-on ? Qu'y entend-on ?
À aucun moment je ne doute, en le relisant aujourd'hui, de la justesse de son emploi. Pascal était mon ami.






Peut-être est-il impossible de rendre hommage, comme on le souhaiterait, à un mort. La distance de la mort, entre ceux qui écrivent et ceux qui sont morts, implique une chute des mots dans un espace sans bornes, sans espace, sans jugement, sans justesse. Le pouvoir des vivants est très réduit pour franchir ce trou qui les sépare des disparus. Alors, on fait ce qu’on peut. On écrit, en sachant qu’on ne trouvera pas les mots, qu’on ne retrouvera pas celui à qui s’adressent les mots, qu’il ne les entendra pas, que c’est, de quelque manière qu’on s’y prenne, fini. Mais en écrivant, l’on se donne l’illusion d’une rencontre de nouveau possible, d’un dialogue, de l’amitié un instant revenue du côté des vivants. Sans doute, aussi, en écrivant, se donne-t-on le sentiment de faire quelque chose, de faire ce que l’on peut, quelque chose qui puisse contrer, là aussi illusoirement, l’extrême impuissance du vivant face à la mort. Par ce geste, ne pas en finir. Essayer. Mais ce que l’on écrit, s’il était lu, ne le serait que par des vivants, et toute la communauté des vivants assemblée et attentive à ce quelque chose d’écrit, ne ramènerait pas un seul mort. Le désir se maintient pourtant d’écrire et quelque chose s’écrit : dernière volonté, peut-être, non du mort, mais du vivant face au mort ; adieu de substitution, qui mime l’autre, celui qui n’a pas eu lieu. Accompagnement par la main, vers l’ombre, jusqu’au point de l’ombre où l’on peut encore accéder, de l’ami que l’on ne pouvait pas retenir ici.

Pascal Doury, salut.

Le nom est posé, dans sa simplicité, dans cette illusion qui donne à croire que les mots écrits sont vivants — comment écrirait-on des mots, des noms, morts ? —, et le mur qui se dresse avec le nom fait peur. Le nom, si on l’écrivait trop, si dans le même texte il revenait trop souvent, probablement il risquerait de se vider, de devenir un mot courant, un nom commun, de n’avoir plus de substance. L’homme se dissoudrait dans la répétition de son nom, comme Kane dans son image multipliée à l’infini par trop de miroirs. Il faudra donc faire preuve d’une grande prudence.

Ma rencontre avec Pascal Doury est liée à beaucoup de hasards qui n’avaient aucune raison d’être, et sans eux je lirais aujourd’hui son nom sans émotion, ignorant de tout ce de quoi il est plein.

En octobre 1998, je fis lire à mon ami J quelques petites choses. Sur son conseil, j’allai les montrer à Jacques Noël, libraire d’Un Regard moderne, que je ne connaissais pas. Dans les semaines ou les mois qui suivirent, je commençai de déposer régulièrement des petites histoires dessinées et photocopiées, que Jacques montrait à son ami Pascal Doury (je dis déjà trop le nom, il va disparaître). Un jour Jacques me dit qu’il y avait des gens à qui ce que je faisais plaisait beaucoup, par exemple (je ne dis pas le nom), est-ce que je le connaissais ? Non. Jamais entendu parler.

La vie continua, sans se presser, petit chat qui marche tranquille, et c’est un moment de ma vie où elle était très belle, la vie, le chat était doux, se frottait à mes jambes et montait sur mes genoux, sans cracher, sans mordre, sans disparaître. Un jour, je ne sais plus exactement pour quelle raison (est-ce que l’on se souvient sous quelle impulsion ont commencé les choses qui comptent ?), je lui téléphonai. D’abord une fois, je rencontrais Charles Pennequin dans un café, il me proposa de l’appeler pour qu’il nous rejoigne ; il me semble que c’est Dora-Diamant, sa fille, qui répondit, son père n’était pas là, ou il dormait peut-être, il fallait rappeler plus tard. On se retrouva quelques jours après dans un café de Jussieu.

J’étais très intimidé. D’abord, parce que les choses inconnues, les gens inconnus, les situations inconnues, savent me déstabiliser, ensuite parce que cet homme en particulier était intimidant. D’une grande gentillesse, mais si étrange : quelque chose autour de lui d’invisible donnait l’impression que, présent, assis devant un double café, il ne faisait qu’émerger, pour quelques heures, d’un monde, peuplé de quoi ? inaccessible aux autres.

S, avec qui je vivais à cette époque, me dit hier : la première fois que tu l’as vu, lorsque tu es rentré, que tu m’en as parlé, j’ai su tout de suite que quelque chose d’important venait de se jouer, que ce serait pour toi quelqu’un d’important.

Dans les années suivantes, on se vit, en fait, assez peu. On se téléphonait de temps en temps, on s’écrivait, mais on ne put pas se voir beaucoup. On s’envoyait des lettres, des mots, des dessins. C’était toujours un grand sourire quand je recevais une lettre où je lisais son écriture d’enfant fou sur l’enveloppe. Oh, une lettre de Pascal ! Parfois quelques mots, parfois ce n’était pas une phrase, parfois presque rien, parfois beaucoup.

On prenait des cafés, on allait voir Jacques au Regard moderne, on ratait les expositions que l’on prévoyait d’aller voir ensemble. Il m’invita chez lui, et je ne compris pas que c’était un privilège. Pour des raisons que je ne sais pas très bien, je n’y allai pas.

La dernière fois que j’ai vu Pascal, c’était le 5 avril 2001, un jeudi, au début d’une après-midi pleine de soleil. Il venait voir l’exposition que Jacques m’offrait au Regard moderne. Il était venu chez moi, quelques jours plus tôt, voir les dessins. J’avais son accord, son assentiment, Pascal avait dit : c’est bien. À cette époque, je savais depuis quelques mois qu’il était malade. Je n’avais pas pris la mesure de sa proximité avec la mort. Les chimiothérapies l’épuisaient. Ce jeudi-là, on ne se vit pas longtemps. L’effort qu’il avait fait pour venir était considérable, mais il ne pouvait pas rester, il devait se reposer, le dehors, le debout, l’éreintaient.

En juillet, peut-être en août, je lui écrivis une lettre. Je ne sais plus ce que j’y disais, sauf ceci, à la fin, souligné : porte-toi bien. Je n’ai jamais su s’il avait reçu cette lettre. A-t-il pu la lire, quelqu’un la lui a-t-il lue, s’est-elle perdue dans le chambardement de l’hospitalisation et le coup d’état de la maladie ?

Je travaillais à une revue, Princesse, où j’insérais des pages qu’il m’avait données longtemps avant. Je ne lui disais pas que j’y travaillais, je voulais lui montrer l’objet fini, une surprise, un cadeau. Finalement, il ne le sut pas. C’est peut-être cet inachèvement, cette lettre disparue, cette princesse qu’il ne savait pas, cet au revoir imprononcé, mon absence dans les derniers mois, qui me poussent à écrire ces quelques pages. Eugénie, sa compagne, que je croisai par hasard dans un bus deux jours après sa mort, me dit : il a toujours pensé sortir de l’hôpital, tu étais la première personne qu’il voulait voir à son retour. Je garde ceci comme un cadeau qui n’a pas pu être donné, que je n’ai pas pu recevoir, qui demeure suspendu entre la mort et les vivants.

Le 13 septembre, un autre jeudi, Marie, l’épouse de Jacques, me téléphona. Allô Monsieur Moui ? (C’est mon autre nom.) Oui ? C’est Marie Noël à l’appareil. Ah, Marie, comment vas-tu ? Pas fort. Pascal Doury est mort cette nuit. Oh merde.

Délicats, Jacques et elle avaient pris sur eux de me prévenir eux-mêmes, pour que je ne l’apprenne pas d’une bouche sans amitié.

Aujourd’hui j’ai beaucoup de mal à ne plus avoir envie de le voir, à ne plus attendre cela, ces lettres appliquées — où il avait tracé à la règle, pour écrire droit, des lignes pas droites, et sur lesquelles il débordait, par-dessus lesquelles il écrivait, et les lignes de soutien rayaient les mots, ratures tracées avant même les mots —, et ces rencontres étranges, pleines de gentillesse, et je crois pouvoir le dire, d’amitié. Je crois que nous nous aimions beaucoup. Une amitié pleine de silence, d’ignorance (c’est peu de chose que nous connaissions de nos vies), mais quelque chose avait lieu, que j’appellerais : nous nous comprenions. Quelque chose, nous le comprenions. Son monde inaccessible, le mien, peu limpide, sans nous les expliquer, nous en partagions quelque chose. Et je crois que, lui comme moi, nous sentions la valeur, la rareté de cette compréhension. Que ses amis me permettent, sans leur faire d’ombre, de dire cela.

Ce jeudi de sa mort, j’allai voir Jacques, qui aimait Pascal comme un frère, et que Pascal aimait comme un frère. Ou peut-être comme un père et comme un fils, mais lequel étant qui ? Enfin ils s’adoraient, d’une manière qu’on ne définit pas. Même ce jour-là, héroïque, Jacques tenait sa librairie. Debout, écroulé. Il parla d’une colère contre ces humains qui passaient, qui continuaient leur vie sans savoir que quelque chose de grave venait de se casser. Dans les jours qui suivirent, très rapidement, il eut cette force : réussir à en parler à la légère, avec humour. Serait bien con celui qui aurait pris sa légèreté pour une marque d’indifférence, sans voir que c’était son courage pour continuer les journées, pour les reprendre, une à une, le travail des jours à passer, avec cet ami qui ne viendrait plus.

Et puis il disait : Pascal n’est pas mort. Il est là. Il rôde, il regarde les livres, il passe, flottant. Il n’est pas, il n’a pas, fini.

De temps en temps, nous nous demandons de ses nouvelles.

Quelques mois après sa mort, Marie me dit : l’autre jour je suis passé voir Jacques à la boutique, il avait un grand sourire de gosse, il était heureux, il m’a dit : ça y est, Marie ! J’ai trouvé un livre pour Pascal !

De cet homme, elle évoqua aussi « sa tête d’ange et son regard triste ». Oui, c’est bien. C’est lui. Mais il n’oubliait pas, je crois, la joie.

En partant le soir, Jacques a dû poser le livre en évidence, pour que Pascal puisse venir l’acheter, la nuit, en douce, en se faufilant entre les grilles, entre les piles de livres, entre les ombres.

Nul doute qu’au matin, il n’y était plus.





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lundi 12 septembre 2011

Bouddha est là


À l'exposition Odilon Redon
Au-delà du réel au Grand Palais (*), entre sombres gravures et fleurs presque décoratives (*) presque nabis (*) presque incarnées dans des évanescences blanches, il y avait Bouddha.




Belle perspective de lumière, de couleur, un peu étrange, comme si les plans dansaient, vibraient, mais reliés entre eux par le flou de leurs séparations ; et comme un lapin qui s'en va, ces taches vertes des fleurs, bondissant du devant de la toile à ses profondeurs, où elles s'éclipsent dans la couleur.


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1981 and beyond


Un mérite de l’exposition Sophie Bramly à la Galerie 12Mail,
au-delà de la volonté affirmée par la photographe de dévoiler la face intime des individus qui ont fait le hip-hop au début des années 80, et fondé la galaxie esthétique qui s’y attacherait et le définirait en retour, est de donner à voir, par des images où cette évidence s’imprime fatalement, ce mouvement musical pour le mouvement social qu’il fut de manière indissociable : l’horizon découvert par des grappes de jeunes gens pour s’inventer une identité communautaire qui transcende celle, imposée, d’être – en grande majorité – des Afro-Américains New-Yorkais et pauvres, par celle, décidée, d’une musique et d’un mode de vie.




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jeudi 1 septembre 2011

Les histoires d'amour


Ce qu’il y a de magnifique dans cette photographie de Julia Margaret Cameron de 1872, que le Musée d’Orsay présentait récemment dans son exposition consacrée aux préraphaélites, et qui porte sur l’instant où Lancelot et Guenièvre vont être séparés, c’est que plus on les regarde, plus on les regarde, plus on comprend : par cette photographie, ils ne cesseront jamais de s’apprêter aux adieux : pour toujours encore proches, et toujours, déjà déchirés.



Julia Margaret Cameron, The Parting of Sir Lancelot and Queen Guinevere, 1872



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mardi 30 août 2011

Katerina Golubeva est morte


Dans un entretien sonore, Duras dit d'Anne-Marie Stretter - personnage femme du Vice-Consul, puis, au théâtre et à l'écran, d'India Song - qu'elle est "instruite de l'existence de la douleur".
L'une de ces connaissances que lorsqu'on les rencontre, l'on intègre, qu'on prend en soi, qu'on n'oublie pas, et avec le savoir desquelles, désormais, l'on avancera toujours.

De la même manière, ceux qui avaient vu ce film de Sharunas Bartas sorti en 1996, savent que l'on est "instruit" de l'existence de Few of us, et que l'on était, grâce à ce film et depuis - ou pour d'autres, avant, après -, "instruit" de l'existence de l'actrice Katerina Golubeva.

Elle est morte à 44 ans le 14 août dernier.

L'été m'avait comme caché cette nouvelle, comme s'il l'eût égarée ou gardée sous son aile, comme protégée, comme un secret ; elle vient de ressurgir à l'instant.

Ce n'est pas simplement une information, c'est un événement triste, quelque chose qui advient, vraiment, à l'intérieur du monde.



Ses proches avaient inscrit sur le faire-part une phrase puisée de Robert Musil : "Je crois que la beauté, dit Ulrich, n'est pas autre chose que l'expression du fait qu'une chose a été aimée".


Espérons-lui la paix désormais ; ou pour emprunter à Henri Michaux : Qu'elle repose en révolte.





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lundi 29 août 2011

Fillématographe

Il y a deux miracles dans le monde qui garderont toujours leur capacité de magie, d’émotion et d’émerveillement : la beauté des filles, le cinématographe.

Trần Anh Hùng, au courant, fait donc un très beau cinéma pour filmer de très belles filles, sur un scénario moins intense en comparaison mais éclairé par la justesse, la pureté, la brutalité de la question centrale de son héroïne : « Pourquoi je ne mouille pas ? »


La Ballade de l'impossible
(ノルウェイの森, Noruwei no mori), 2011


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lundi 22 août 2011

So you may think…



JUST DO IT

A SMALL INITIATIVE TO HELP JAPAN


This compilation has been made to give a small help to Japan with the small power that we have


All the benefits will go to JOICFP, Japanese Organization for International Cooperation in Family Planning, for their action in helping women, pregnant women and new born children in the East Japanese Earthquake affected area.
Thank you


Listen & Download & Share & Give :

http://laforetsansnomforjapan.bandcamp.com/


La forêt sans nom,
furtive gallery


www.laforetsansnom.com


1 Xiu Xiu Cumberland Gap (Acoustic) 01:41
2 Papertwin Sleeptalk 04:29
3 Setting Sun Happy Joy 02:49
4 Kate Sikora Satosan 02:48
5 Wonder Bear Reverend 03:52
6 Vilorena Summer Buzz 02:47
7 Yvan&Lendl In Ryujin's enlightment 04:55
8 Big Blood The Winds house 07:42
9 Gregory Wagenheim The Changes 04:30
10 The Townhouses Ouvéa 03:12
11 Anne Bichon Lost 04:07
12 Azam Wires 02:18
13 Hertz in Water Savants 03:36
14 Stephen Molyneux Older sister, Younger sister 01:18
15 Juliette Maï, Nicolas Nakamoto, Yann Bureller La Piscine 01:51
16 Larry Wish On one condition 03:20
17 The Loyal We Synecdoche 03:23
18 Jérémie Grandsenne 20 4 11 03:02
19 John C Judd Chocolate toast 02:21
20 Jeffy Jeff What's up now 02:37
21 Ayato & Naoki Ishida Long tale 03:18
22 Motion Sickness of Time Travel Rising 04:48
23 Alejandra & Aeron Rock me, rock me, rock me 03:49
24 Nova Scotian Arms Seen Through the Lapse of a Hollow Log 02:54
25 Ieva + Hakobune A new morning 09:39
Original painting by Yu Matsuoka-Pol






SO YOU MAY THINK, yeah, that's a good idea for sure, and it's such a pitty that I have no money to give for this.

Yeah, of course I do know what you mean, cause we all do.

No need to say how much these people in Japan need us because you already know it.

But now let's talk of something much much much less important, and think for a second of this fact that there's been artists just working to make this compilation. This maybe you know less about : it means that, while you or your sister was making a career in sales and marketing, or creating advertising, or working in a shop, to earn money and food in making people buy what they don't need, just to make the mess and the tragedy of this world go on, here these 25 folks - like other people do in other opportunities - have given the work of their time just to smally do what they could do, with their little tools for it - 2 guitars, a synth, their voice, whatever -, not to make the big bigger and the rich richer, but just to help people they don't know, because it is good, and because if we don't, we'll just all die in more solitary and miserable conditions.

And in the meanwhile, giving their work, often, they're still not paying their own rent.

So please, just give 5 dollars for this and it will help.

There are people who need you.

Every people need you.

Every single people in this fucking world needs every other ones.

And you need people too.

And you need yourself too. The real yourself.

And no one will find it for you so please, stop doing what they say is good for you and for your happiness, because it's not.

Definitely, it is not. It is good for no one, however much time you'll need to realize it.

The only reason for the lie to be told is, if the lie stops, the companies stop, and the power stops.

So if you're concerned by these words, please stop selling products, making money, adding shit to shit, you're not a bad person but you are doing a bad job.

And you have only one life to change it.

All these words only commit myself as a person, not the artists involved in the project.


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